Le 24 février dernier je commandais mon Shadow PC, l’ordinateur de gaming dématérialisé révolutionnaire (ou pas, encore une fois) :

https://twitter.com/MatC91/status/835115778835894273

Le mail de confirmation de commande m’indiquait alors une livraison estimée au mois de juin. Je faisais donc partie des « los juntos » dans la communauté des détenteurs de Shadow :

reçu commande Shadow PC

Début septembre, je recevais enfin mon précieux… Le retard était donc conséquent mais je n’était pas particulièrement pressé :

Dans mon malheur ma VM (machine virtuelle) était déjà prête. En effet, nombreux sont ceux à avoir reçu la boiboite avant que la VM ne soit déployée. Imaginez la frustration ! J’ai donc commencé à faire joujou depuis mon smartphone :

C’était tellement peu pratique que ne j’ai pas perdu de temps à brancher mon boitier !

Je vais vous la faire courte : il n’est resté branché qu’une dizaine de jours durant lesquels je n’ai pas réussi à me passer de mon PC « local ». Je vais donc vous expliquer ce qui m’a posé problème durant ce court test. Ce n’est que mon avis propre à mon besoin. Si vous avez un usage différent de vos ressources informatiques à la maison il se peut que votre ressenti soit totalement différent. Cependant, je pense que certains points peuvent concerner bon nombre de personnes. N’hésitez pas à tout écouter et/ou lire en entier.

Ma review vidéo du Shadow PC

Si vous préférez écouter que lire, cette vidéo et sa description résument assez bien mon expérience Shadow.

Ma review écrite du Shadow PC

Des ports USB mal placés

connectique shadow pc

Après avoir raccordé le terminal à l’alimentation électrique et à mon écran grâce au cordon display port / HDMI fourni j’ai dû brancher mon clavier et ma souris sur les 2 ports USB en façade. Je ne trouve pas ça très pratique et esthétique.

A l’arrière on retrouve 2 ports USB 3. Je le aurais bien vus devant, on y branche et débranche souvent des périphériques de stockage portables.

Le pire dans l’histoire c’est que pour certains jeux le clavier et la souris ne fonctionnent pas sur les ports en façade. C’est le cas de Rainbow Six Siege par exemple.

Il faut donc prévoir un HUB USB 3.0 pour étendre la connectivité du Shadow PC et encore une fois ça n’est pas très WaF

Tout ça sans compter que parfois les périphériques se déconnectent virtuellement des ports USB !

Un boitier bruyant

ventirad

Dès le premier allumage du Shadow PC j’ai vite déchanté. Le boitier n’est pas fanless comme indiqué à ma commande… Et en plus le ventilo tourne vite, et pas que durant la phase de démarrage !

Dans les FAQ on peut lire qu’en désactivant une option de performance dans le BIOS ça peut réduire les nuisances sonores. Ça n’a presque rien changé en ce qui me concerne. De plus on ne sait même pas quel impact ce paramètre peut avoir sur les performances d’affichage du boitier.

Sur le Discord on m’a donné des paramètres pour la ventilation (seuils de température et vitesse) qui ont presque réduit le Shadow au silence. Ouf !

Un réseau privé et totalement fermé

firewall

La machine hébergée dans le data center de Blade est dans un réseau privé dont j’ai oublié l’adressage. Ajouter à cela un NAT strict (absence de toute redirection de port de l’extérieur vers la VM) et c’est le début des ennuis, en tout cas pour moi.

Il est donc impossible d’héberger le moindre service sur son Shadow PC, que ce soit un petit serveur Team Speak, une instance Plex ou un serveur web pour les plus bidouilleurs. Des choses assez banales pour un geek quoi.

De toute façon j’ai remarqué à plusieurs reprises que Windows s’éteint quand on y est pas connecté, quand bien même des applications soient lancées. Et pourtant j’ai bien pris soin de régler les paramètres d’alimentation dans ce sens…

Le NAT strict ajoute à tout cela une expérience dégradée dans certains jeux en ligne pour lesquels il n’est par exemple pas possible de créer voire même rejoindre des groupes !

A défaut d’avoir une IPv4 publique faute de pénurie, il aurait été sympa d’avoir un petit préfixe en IPv6.

En tout cas les performances réseaux sont au rendez-vous :

Shadow, un PC de cheater ?

cheater

L’environnement virtuel qui propulse le Shadow PC est considéré par certains éditeurs de jeux comme un système de triche. S’il est « juste » impossible de jouer en ligne pour certains jeux, c’est pire pour d’autres qui refusent totalement de se lancer.

Les gros éditeurs semblent jouer le jeu et mettre les serveurs de Blade en liste blanche mais je demande à voir avec les plus petits.

Espérons qu’avec le temps Shadow et un nombre de gamers plus conséquent ce problème disparaisse.

Des applications incompatibles avec Shadow PC

Anti-virus

Avant de commencer à bidouiller mon Shadow j’ai lu les différents guides et les FAQ. Je ne l’ai pas regretté sinon j’aurais briqué mon système d’exploitation en installant mon anti-virus fétiche Nod32. En effet, ce type d’application plutôt intrusive peu mettre en péril le fonctionnement de la machine virtuelle. Il faut donc s’assurer que son anti-virus est compatible avec Shadow PC.

A priori c’est le seul genre de programme qui peut poser problème à installer. Gaffe quand même !

L’espace disque ridicule…

disque dur

Sérieusement, comment peut-on vendre un service de gaming dans le cloud avec seulement 250 Go ?! Les jeux récents pèsent en moyenne entre 50 et 100 Go. Pour peu que vous ayez quelques applications bien lourdes comme la suite Adobe Creative et bien vous aller passer votre temps à désinstaller et réinstaller vos jeux préférés…

A terme Blade devrait permettre d’étendre la capacité de l’espace de stockage mais il faudra bien évidemment payer.

A noter au passage que parfois les performances en lecture/écriture sur le disque virtuel sont très mauvaises. Et en temps normal ça ne casse pas des briques non plus. J’ai d’ailleurs remarqué qu’exécuter Photoshop ou Premiere prend plus de temps que sur mon PC datant de plus de 5 ans. Peut-être que le processeur Xeon y est aussi pour quelque chose. Par contre, les rendus sont évidemment beaucoup plus rapides !

Un TightVNC qui traîne…

tightvnc

En fouinant un peu dans les logiciels pré-installés, les processus en cours d’exécution et les services, je suis tombé sur un bon vieux TightVNC serveur… Alors certes la VM est dans un réseau très fermé et les failles de ce logiciel peuvent être négligeables. Mais je ne me fais pas à l’idée qu’on puisse m’espionner si facilement, même si ce n’est pas dans l’intérêt des employés de la team Shadow qui semblent de toutes façons débordés. C’est une question de principe, surtout dans un environnement aussi complexe que la virtualisation qui normalement permet d’afficher très simplement les machines invitées depuis l’hyperviseur.

L’accès à ses données locales

openvpn

Quand j’ai fait mes tests il fallait utiliser la version bêta du Shadow pour accéder à son réseau local de façon sporadique et incroyablement lente… Du coup j’ai connecté ma VM à mon réseau local via VPN et même problème, très certainement dû au chiffrement. Donc si vous souhaitez transférer de gros volumes de données entre votre Shadow et votre réseau local oubliez !

Et sans le boitier, on fait comment ?

Ce qui est sympa avec Shadow, c’est qu’on peut accéder à son bureau Windows depuis n’importe quel terminal (ordinateur, smartphone ou tablette) pour peu qu’il soit connecté à Internet. Attention par contre, l’application qui permet de se connecter à la machine virtuelle n’utilise pas des ports et protocoles standards… En fonction des réseaux (typiquement les réseaux d’entreprise) il se peut que donc que l’application ne fonctionne pas. J’ai bien cherché dans les quelques options mais on ne peut pas la faire passer par un proxy.

J’ai feinté en débloquant le bureau à distance de Windows Family auquel je pouvais accéder via mon VPN (qui utilise le port 443 – HTTPS -) mais ça n’est pas à la portée de tous.

Le SAV…

sav des émissions

Je n’ai eu besoin du SAV que pour résilier. Après de longues minutes d’attente à écouter de la musique de merde (Dorothée) on m’a raconté des histoires. Quand j’ai réitéré début décembre mais la hotline téléphonique était carrément fermée pour cause de saturation ! Bon, à priori j’ai pu résilier au prix d’une restitution du boitier par courrier avec accusé de réception.

Conclusion

J’ai testé le boitier en fin de phase bêta mais je ne crois pas qu’aujourd’hui que les ventes sont ouvertes ça ait grandement changé. Cependant rien n’est figé et les mises à jour sont très régulières. Elles corrigent des bugs mais apportent aussi des nouveautés.

Malgré tout, pour toutes les raisons évoquées précédemment, le Shadow PC ne correspond pas (encore ?) à mon besoin. Mais le pire c’est que je ne suis pas certain qu’il convienne non plus au pur gamer… Pourtant sur le papier ça me plaisait beaucoup. J’espère donc que le service va s’améliorer et gagner en maturité et peut-être que je redonnerai sa chance au Shadow dans quelques temps. Le temps d’avoir amorti mon prochain PC !

config gamer watercooling

Et oui, du coup je suis en train de réfléchir à une nouvelle configuration LOCALE orientée gaming, montage vidéo et multimédia. Si vous avez des conseils je suis preneur.

3 COMMENTAIRES

  1. Merci pour cet article, qui me conforte dans la bonne idée que j’ai eue de résilier Shadow, au vu de l’incompétence crasse du SAV, des promesses non tenues du marketing, et de m’être fait prendre pour un beta testeur ….

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